La pensée sentimentale

02 juin 2006

Les pavés de Paris

Paris n'est pas une ville si matinale que cela.
A huit heures et demi du matin, on peut encore foncer dans des grandes artères comme dans des petites rues sans que rien ne vienne vous ralentir.
C'est ce matin et seulement ce matin que j'ai renoué avec les pavés de Paris, ceux là mêmes que mon frère aimait tant, au point de nous demander d'y disperser ses cendres.
Les morts ont de drôles d'idées souvent.
Bien vivants, mais morts de chagrin, nous nous sommes donc exécutés, libérant d'un geste large, pour qu'elle ne nous nous tombe pas sur les pieds, cette poudre insensée.
Il aurait pu pleuvoir, il aurait pu y avoir du vent, mais rien de tout cela. Si ce n'est une merde de chien dans laquelle j'écrasai involontairement mon pied, mes larmes et mon chagrin.
Alors depuis ce jour là, les pavés de Paris...
Sauf aujourd'hui. Ciel bleu, température un peu fraîche, traversée heureuse, pétaradante et sautillante à travers la ville, sur les pavés de Paris, ceux là même que mon frère aimait tant.

Posté par saganff à 18:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]